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Les bons plans littérature du club Timbaud

Dans cette rubrique, vous trouverez nos coups de cœur littéraires. Romans, bandes dessinées, développement personnel, la variété est au rendez-vous.

Vieillir n’est pas un crime ! Véronique Lefebvre des Noëttes

L’espérance de vie s’allonge. Chance ou malédiction ? Autrefois respectées, les personnes très âgées sont oubliées dans des lieux dévolus à la fin de vie loin du regard d’une société vouée à la performance.

Malheur aux personnes très âgées, parfois poly pathologiques, qui ne correspondent pas à l’image du « sénior dynamique » des publicités ! La valeur de ces vies « diminuées » est de plus en plus relativisée, et souvent intériorisée, entraînant une perte de confiance en soi, voire des dépressions ou un « phénomène de glissement » de très nombreuses personnes isolées qui se sont laissées mourir pendant la crise du Covid. Les « très-vieux », peu capables de défendre leurs droits, sont une minorité discriminée à une époque où les demandes de respect et d’égalité des différents groupes de la population vont pourtant croissant. Dans cet ouvrage bouleversant, le Dr Véronique Lefebvre des Noëttes montre pourtant les solutions et la douceur de vieillir bien et nous fait entendre la voix et l’amour de la vie de nos aînés oubliés.

La définition du bonheur, Catherine Cusset

« Pour Clarisse, le bonheur n’existait pas dans la durée et la continuité (cela, c’était le mien), mais dans le fragment, sous forme de pépite qui brillait d’un éclat singulier, même si cet éclat précédait la chute. » Deux femmes : Clarisse, ogre de vie, grande amoureuse et passionnée de l’Asie, porte en elle depuis l’origine une faille qui annonce le désastre ; Ève balance entre raison et déraison, tout en développant avec son mari une relation profonde et stable. L’une habite Paris, l’autre New York. À leur insu, un lien mystérieux les unit. À travers l’entrelacement de leurs destinées, ce roman intense dresse la fresque d’une époque, des années quatre-vingt à nos jours, et interroge le rapport des femmes au corps et au désir, à l’amour, à la maternité, au vieillissement et au bonheur.

Juste la fin du monde, Jean-Luc Lagarce

Après une longue absence, Louis décide de rendre visite à sa famille, et d’annoncer aux siens sa mort prochaine. Sa mère, sa petite sœur, son frère et sa belle-sœur sont réunis pour sa venue. Mais les retrouvailles ne se font pas sans heurt : au fil de la conversation, les reproches affleurent, d’anciennes blessures se rouvrent ; à chaque instant, le conflit menace le fragile édifice familial. Toujours à la recherche du mot le plus juste, le langage pudique de Lagarce traduit notre difficulté à communiquer. Sa simplicité poétique confère à ce dimanche en famille la force d’un mythe moderne, et élève Juste la fin du monde au rang de classique.